TITE ÉPÎTRE À
Une des trois lettres de saint Paul qu’on appelle pastorales, les deux autres étant la Ire et la IIe Épître à Timothée. Elle fut écrite par l’Apôtre à son ami et compagnon de voyage Tite. Né d’une famille grecque et converti par Paul lui-même (Tite, I, 4), Tite, que le livre des Actes ne mentionne pas, avait accompagné son maître au Concile de Jérusalem (Galates, II, 1-3); à Corinthe, il avait réussi à retourner la situation en faveur de Paul (II Cor., VII, 7). Il fut chargé d’achever d’organiser l’Église de Crète. La tradition le fait mourir évêque de l’île.
Selon la Lettre à Tite (I, 5), Paul a laissé son ami en Crète; c’est là qu’il lui écrit lors d’un voyage (III, 12), lui demandant de le rejoindre à Nicopolis, durant l’hiver. Si les épîtres «pastorales» sont pauliniennes, on peut dater celle-ci de 65: c’est-à-dire d’une période postérieure à la première captivité de Paul (61-63) et donc antérieure à 67, année de sa mort (si l’on opte pour la non-authenticité, ce document, comme la Ire et la IIe Lettre à Timothée, daterait de la fin du Ier siècle ou du début du IIe).
Cette lettre comprend tout d’abord une adresse et une salutation solennelles (I, 14). Elle présente ensuite Tite comme organisateur de l’Église (I, 5-16): établissement des «presbytres», lutte contre les faux docteurs; puis comme pasteur du troupeau (II, 1-III, 11): classement des fidèles et devoirs particuliers (vieillards, jeunes, esclaves), devoirs généraux des fidèles (vertus chrétiennes et vices païens), conseils doctrinaux à Tite. Elle se termine par une conclusion (III, 12-15).
L’enseignement de la Lettre à Tite est proche de la Ire à Timothée: on a pu voir dans celle-là le résumé de celle-ci et on les date toutes deux de la même époque. Le salut de l’homme par la grâce y est nettement affirmé (III, 7), ainsi que la nécessité de la piété (II, 11-14).

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