GALATES ÉPÎTRE AUX
Lettre de saint Paul considérée couramment aujourd’hui (contrairement à l’opinion d’exégètes du XIXe siècle qui y voyaient le premier des écrits pauliniens, daté de 49) comme ayant été rédigée à Éphèse, quelque temps avant l’Épître aux Romains, vers 56/57. Probablement adressée aux Galates du Nord, elle est postérieure au second passage de l’Apôtre dans cette contrée (Gal., IV, 13; Act., XVIII, 23). La Galatie du Nord (Paul était allé en Galatie du Sud lors de son premier voyage missionnaire: Act., XIII, 14 à XIV, 25) s’étendait autour d’Ancyre, l’actuelle Ankara; ses habitants étaient, semble-t-il, des descendants d’immigrés ou de colons celtes («Galates» est l’équivalent de «Gaulois»). L’authenticité de cette lettre n’a jamais été sérieusement mise en cause.
Chez les Galates, des «perturbateurs» voulaient imposer aux convertis venus du paganisme la Loi de Moïse et notamment la circoncision. Ces perturbateurs seraient-ils des Juifs de race demeurés attachés, trop rituellement et trop peu moralement, aux préceptes mosaïques? Ou bien saint Paul répond-il à la question que posent les païens qui se convertissent au christianisme? Comment, en effet, peuvent-ils situer chrétiennement leur «liberté» entre les deux asservissements que représentent, d’un côté, la licence (païenne) des mœurs et, de l’autre, une pratique rigide et intransigeante de la circoncision (juive)?
On peut diviser cette épître d’après les titres suivants: 1o Jésus-Christ, principe de la mission et de l’enseignement de Paul (I, 1 à II, 21): introduction solennelle; rappel et apologie de la mission paulinienne (récit de la conversion de l’apôtre et de sa participation à l’assemblée de Jérusalem); l’Évangile de Paul (justification par la foi seule); 2o Jésus-Christ, accomplissement du salut et sens de l’histoire (III, 1 à VI, 18): introduction, régime de la foi et régime de la Loi; invitation à ne pas revenir à l’esclavage (allégorie sur Agar et Sarah); définition de la liberté chrétienne; épilogue.
Saint Paul propose aux Galates un triple choix: entre la foi et la Loi; entre l’Esprit et la chair; entre la liberté et l’asservissement. Si le juif, héritier de la promesse divine, demeure sous l’emprise de la Loi, il n’est qu’esclave; il en est ainsi du chrétien s’il agit de même. Être chrétien, c’est vivre par Jésus-Christ et non seulement lui appartenir.
La figure de Paul s’affirme ici avec toutes les prétentions apostoliques. Cette lettre est très autobiographique et par là justificatrice. C’est une sorte d’autothéorie de l’existence chrétienne saisie à travers les débuts d’une histoire et d’une expérience personnelles. Le titre d’apôtre que Paul partage avec ses prédécesseurs, Pierre et Jacques surtout, desquels il tient le mandat d’aller «aux païens» (II, 9), est ici très vigoureusement manifesté.

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